Isabelle Rault : Mon parcours

Le chemin qui a façonné mon regard

Photographies: Jim Lefeuvre

Pendant longtemps, j’ai cru qu’il fallait être gentille, disponible, savoir s’adapter et répondre aux attentes.
J’ai appris à observer les autres, à sentir leurs besoins, leurs réactions, parfois même ce qu’ils ne disaient pas. Cette sensibilité m’a beaucoup apporté, mais à force de chercher ma place dans leur regard, je me suis aussi éloignée de la mienne.

Puis la vie m’a obligée à regarder autrement.

J’ai accompagné ma mère dans la maladie d’Alzheimer, traversé des années à tenir et à avancer malgré tout, jusqu’au burn-out.

J’ai compris peu à peu qu’aimer, aider et être présente ne signifiaient pas tout porter. Que poser une limite n’était pas abandonner l’autre. Et que se choisir ne voulait pas dire écraser qui que ce soit.

Cela signifiait simplement cesser de m’effacer de l’équation.

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Mon rapport au corps a lui aussi profondément marqué mon histoire. Ancienne obèse, j’ai longtemps pensé que je pourrais réellement prendre ma place lorsque je serais plus mince, plus ferme, plus jolie. Comme si l’audace et la liberté devaient attendre que mon corps corresponde enfin à l’image que j’avais imaginée.

Avec le temps, j’ai compris que nous ne sommes pas faits de morceaux séparés. Notre histoire, nos émotions, notre corps, notre façon de vivre et le regard que nous portons sur nous-mêmes sont profondément liés.

C’est cette vision qui guide aujourd’hui ma manière d’accompagner : ne jamais réduire une personne à un symptôme, une difficulté ou une période de sa vie.

J’aime cette phrase de Rûmî :

« L’être humain est un lieu d’accueil. »

Accueillir ce qui est là, sans minimiser, sans brusquer et sans décider à la place de l’autre de ce qu’il devrait devenir.

Une maladie, un burn-out ou une transition peuvent déplacer profondément nos repères. On ne se reconnaît plus tout à fait dans celle que l’on était, sans encore savoir qui l’on devient.

Ma philosophie

Mon rôle est de vous aider à retrouver vos propres repères, vos ressources et davantage de liberté dans vos choix.

Parce qu’il ne s’agit pas toujours de revenir à celle que l’on était.

Il s’agit parfois de reconnaître celle que l’on est devenue et de construire, à partir de là, une vie plus juste, plus vivante, plus libre.

  • Je ne crois pas aux vies que l’on recommence.
  • Je crois à celles que l’on cesse enfin de vivre à distance de soi.

Aujourd'hui — On COmmence

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